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Archive pour février 2021

Choisir sa vie, choisir sa mort, des femmes persistent et signent II

A la suite des mises en examen de militants de l’Association Ultime Liberté, quatre féministes des années 70 (Régine Dhoquois,Jacqueline Feldman, Liliane Kandel et Annie Sugier), ont rédigé le texte qui suit.
Pour le moment, il n’a pas été publié.

Nous sommes dans un moment de l’histoire où des milliers de personnes sont mortes dans des conditions indignes à cause de la COVID, dans les EHPAD ou faute de soins appropriés. Un moment où le Portugal est le 6ième pays d’Europe à autoriser l’euthanasie ou le suicide assisté. En France, où l’opinion est massivement favorable à une telle loi, c’est la répression qui prime.
En effet, c’est dans ce moment que nous apprenons la mise en examen de douze membres de l’Association ULTIME LIBERTE pour avoir permis à des personnes malades ou très âgées de décider librement du moment où la vie ne leur serait plus supportable. Ils les auraient informées sur la manière de se procurer du phénobarbital, substance utilisée notamment en Suisse ou en Belgique pour des suicides assistés. Pour cela, ils risquent jusqu’à trois ans de prison et 45000 euros d’amende.
Certaines d’entre nous sont membres de cette association, d’autres non, mais nous militons toutes pour une fin de vie digne, sans souffrances inutiles et sans dépendance.
L’ADMD et LE CHOIX ont choisi de se battre pour une nouvelle loi. Les militants d’ULTIME LIBERTE ont voulu aller plus loin et souhaité aider concrètement des personnes qui ne désirent pas continuer à vivre dans des conditions inhumaines.
Pour ce faire, ils ont enfreint la loi.
Dans les années 70, des militantes féministes, parmi lesquelles nombre d’entre nous, avaient également transgressé la loi. Les unes avaient publié le Manifeste des 343 femmes ayant avorté (Nouvel Observateur, 05/04/1971), d’autres (ou parfois les mêmes) ont accompagné des femmes désirant se faire avorter à l’étranger, certaines encore ont pratiqué des avortements clandestins, jusqu’à l’adoption de la loi Veil en 1975.
Dans les texte :” Choisir sa vie, Choisir sa mort” publié dans Libération le 1er novembre 2019, nous nous disions prêtes à enfreindre la loi pour finir notre vie dignement. Serons-nous, si rien ne change, acculées à le faire.

Le texte paru en 2019 avait été signé par 200 femmes, celui-ci a été signé pour le moment par une centaine de femmes.

L’information franchouillarde

Joseph Ponthus : A la ligne, Feuillets d'usine

Ce livre est paru en 2019 (Table ronde). Il raconte la vie quotidienne d’un travailleur intérimaire dans des abattoirs, des usines de transformation de poissons etc.
C’est simple, concis, horrible.
De quoi rêvent-ils
Toutes les siestes
Toutes les nuits
Ceux qui sont aux abats
Et qui
Tous les jours que l’abattoir fait
Voient tomber des têtes de vaches de l’étage
supérieur
prennent une tête par une
La calent entre des crocs d’acier sur une
machine idoine
Découpent les joues les babines puis jettent
Les mâchoires et les reste du crâne
Huit heures par jour en tête à tête

On l’avait perdue de vue, la lutte des classes.
Outre les inondations, la Covid et quelques agressions sexuelles chez les gens célèbres, on avait presque oublié que les usines continuaient à tourner en “présentiel”,que des accidents du travail se produisaient sur les chantiers et dans les usines, que la Syrie ne se relevait pas, que l’Iran s’enfonçait dans la crise,que le Liban ne s’en sortait pas, que des massacres avaient lieu en Afrique etc…

On se disputait autour de la cancel culture, de l’intersectionnalité, des mouvements décoloniaux…
Merci à Joseph Ponthus et à quelques autres de nous rappeler que le vieux monde est toujours là, que la lutte des classes n’a pas disparu et que les combats des travailleurs et de leurs syndicats ne sont pas obsolètes.

Cours camarade, le vieux monde est toujours là.